Dans le cadre de la Feuille de route en économie circulaire, Synergie Économique Laurentides a facilité la mise en relation entre des entreprises souhaitant se départir de bois et la Recyclerie des matériaux. Cette phase pilote a permis de documenter la démarche et d’en dégager des apprentissages, présentés dans cet article.
Deux types de cas ont été observés : des caissons surdimensionnés et des caissons en contreplaqué russe.
À propos de la Recyclerie
La Recyclerie des matériaux est sous la gouverne d’Inter Action Travail qui est un organisme d’insertion socio-professionnelle. La main-d’œuvre n’est donc pas qualifiée dans les métiers de la construction. C’est aussi Inter Action Travail qui assure la gestion de l’écocentre de Sainte-Agathe-des-Monts.
La Recyclerie est un magasin qui revend des articles récupérés à l’écocentre ainsi que des dons d’entreprises. Il s’agit du seul point de dépôt dans les Laurentides où des entreprises situées à l’extérieur du territoire peuvent venir déposer des matériaux.
Elle accepte les matériaux de construction provenant des entreprises, à condition qu’ils soient en bon état et que l’entreprise assure la livraison.
Exemples de matériaux acceptés* : Contreplaqué, mélamine, moulures, bois de charpente
Il est recommandé de valider auprès de la Recyclerie avant la livraison.
Le transport demeure à la charge de l’entreprise qui se départit des matières. De même, le transport des matières achetées à la Recyclerie est assumé par l’acheteur.
Caissons surdimensionnés
Dans ce cas, trois types de caissons différents ont été reçus. Les caissons s’approchaient en taille des dimensions de conteneurs maritimes.
Entreposage
Les caissons étaient entreposés à l’extérieur. La présence de neige avait peu d’impact sur la qualité des matériaux. La pluie toutefois accélérait rapidement la dégradation des panneaux de composés collés.
Démontage
Le démontage s’est effectué à l’extérieur, les intempéries ralentissant donc la rapidité à laquelle les caissons pouvaient être démontés.
La plupart des caissons ont été démontés pour pouvoir en vendre les composantes. La Recyclerie avait estimé que les matériaux se vendraient plus rapidement de cette façon. Quelques caissons ont été vendus entiers. Il y aurait eu d’autres demandes pour les caissons entiers, mais la Recyclerie n’en recevait plus.
Des échafaudages avaient été installés pour accéder au haut de la structure.
Temps de déconstruction
Les caissons prenaient entre 15 et 50 h à défaire. Un des caissons ressemblait à une barque et nécessitait beaucoup plus de travail pour enlever la structure interne.
Rendement
Suite à la déconstruction, environ 20% de la masse a été envoyée à l’écocentre pour valorisation énergétique, les matériaux étant en mauvais état (pourriture, trop de trou de clous/vis ou matériaux multimatières).
Les caissons se sont vendus entre 300$ et 500$ (prix plus cher pour caissons complets)
Les planchers se sont vendus tels quels, la qualité des matériaux étant intéressante (madriers). La plupart des planchers ont été coupés pour en faciliter le transport. Ils pouvaient être coupés en sections de 8, 12, 16 pieds ou la pleine longueur à 24 pieds.
Matériel et main d’œuvre nécessaire
Chariot élévateur, échafaudage, outils à batterie et électrique. Au moins 2 personnes à la fois.
Ce que les acheteurs en ont fait
Cabanons, quai, garage, patio
La Recyclerie avait envisagé de les transformer en mini-maisons, puisqu’elle dispose déjà sur place de portes et de fenêtres. Toutefois, cela aurait nécessité de percer les murs et de renforcer la structure par la suite, une démarche jugée trop complexe. Il aurait également fallu y ajouter un toit, ce qui aurait rendu l’ensemble trop haut pour être transporté par la suite.
Retour d’expérience
- Plus les matériaux sont démontés, plus ils sont faciles à vendre aux particuliers. Les panneaux muraux entiers, quant à eux, ont peu trouvé preneur.
- Avec l’expérience, le temps requis pour les démonter diminuait, mais ce travail demeurait difficilement attribuable à du personnel en insertion.
- Certains clients auraient été intéressés à les utiliser tels quels comme cabanons, mais la réglementation municipale ne le permettait pas, les dimensions n’étant pas conformes.
- L’entreprise générant les caissons aurait souhaité que la Recyclerie puisse prendre en charge les trois unités chaque semaine. Toutefois, les coûts et la gestion liés au transport ont représenté un enjeu important.
- Il serait pertinent que les entreprises se départissant de ce type de matières contribuent financièrement aux frais de manutention ou de déconstruction.
- Une promotion sur les réseaux sociaux a également permis d’attirer une clientèle intéressée.
Caissons en contreplaqué russe
Ce type de caisson provenait d’une entreprise ayant maintenant arrêté sa production. Il y avait plusieurs dimensions, mais les plus standards étaient de 36’’ X 36’’ X 39’’.
Entreposage
Vu leurs dimensions, les caissons étaient entreposés à l’intérieur.
Démontage
Aucun démontage n’a été effectué, les caissons étaient vendus tel quel.
Rendement
Les caissons étaient vendus 30$ chacun et la demande était élevée. Une bonne partie d’entre eux a toutefois été conservée par la Recyclerie pour l’entreposage de son matériel.
Matériel et main d’œuvre nécessaire
Aucun démontage n’était requis, donc aucun outil n’était nécessaire. Les caissons pouvaient être transportés facilement par deux personnes, sans équipement particulier. Les acheteurs les rapportaient à domicile dans leur véhicule personnel (VUS, camionnette, etc.).
Ce que les gens en ont fait
- Entreposage
- Bac à jardin
- Intérêt d’un producteur de citrouilles à en acquérir pour entreposer sa marchandise
Retour d’expérience
- Format intéressant pour les empiler.
- La demande était au rendez-vous lorsque la qualité des matériaux était bonne.
- Aucune main-d’œuvre qualifiée n’était requise.



